ALCHIMIE ART de LUMIERE et COSMOGENESE

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Lorsqu'on envisage l'antique science d'Hermès, l'Alchimie, beaucoup trop d'erreurs sont, hélas ! commises, la plus commune étant généralement d'estimer que le Grand Oeuvre ne s'opère que dans le plan physique par la seule transmutation des métaux vils en or : ce qui constitue en fait une grave méprise. La seconde erreur consiste à ne voir dans l'Alchimie que l'aspect proprement spirituel et mystique. Certains n'hésitent pas à prétendre que tout ce qui a été ecrit sur l'Ars Magna n'est qu'allégorie et qu'ainsi le Grand Oeuvre physique ou obtention de la "Pierre transmutatoire" et de la "Médecine Universelle" ne ressortent que du domaine de l'utopie et des chimères. Ici se situe cette seconde erreur, finalement tout aussi grave que la première, car l'Alchimie opérative existe bien. Au sein de l'Athanor, spirituel et temporel s'équilibrent constamment reflétant ainsi les oeuvres de Dame Nature, noble compagne fuyante et légère, telle Atalante comparable au mercure que l'alchimiste se doit de fixer tout au long de son dur labeur ("Fixe le volatil", conseille le sage adepte). Pour la plupart d'entre nous, l'Alchimie paraît la discipline la plus obscure et la plus difficile à pénétrer sur le Sentier initiatique par trop souvent semé d'embuches. Comment découvrir les clefs de ce prodigieux royaume ? Tout d'abord par la lecture réitérée des "bons auteurs" anciens et modernes. A ce titre, "L'Alchimie expliquée sur ses textes classiques" du "bon Maître de Savignies" comme on aime à le surnommer (autrement dit Eugène Canseliet) demeure sans conteste le livre essentiel à toute approche sérieuse et désintéressée de notre ilsujet". Mais mythologie et symbolisme hermétique demeurent purement stérils si l'on ne possède la clef permettant l'ouvertue du "Palais fermé du Roi". Le levier qui ne demande qu'un point d'appui pour soulever le monde, c'est le VERBE, la magie du verbe créateur à travers les différentes formes du langage. C'est la "cabale phonétique", "la langue des oiseaux" que parvient à comprendre Siegfried dans la forêt des épreuves. La clef de voute de l'édifîce est bien "l'argot", la langue hermétique par excellence qui ne présente plus aucune parenté avec la langue vulgaire contemporaine du même nom. La cabale phonétiques bien différente de la savante "Kabbale hébraique" existe cependant. C'est elle qui ouvre les portes les mieux scellées. Elle est universelle car par elle divers langages et dialectes se rejoignent pour formuler une certitude ignorée du profane. Ainsi, par exemple, le chêne et l'oie symbolisent tous deux la première matière du Grand Oeuvre. Or l'oie se dit "khên en grec, ce qui s'approche singulièrement phonétiquement parlant du "chêne" ... Kermès (ou bien qu' Hermès). Au sein d'une même langue, de judicieux jeux de mots sont permis; ainsi en voulons nous pour preuve "les lauriers", symbole du triomphe héroîque et de force éclatante signifiant que "l'or y est", métal noble et solaire rayonnant de lumière. Grâce à la "cabale phonétique", le voile des Mythologies se lève peu à peu et la Vérité apparaît alors "dépouillée" de tout artifice, mais pourtant étincelante de Beauté. Ainsi dans tout ce fatras et inextricable imbroglio de formules et de phrases sybillines (d'où le sens actuel du mot hermétique) contenues dans les ouvrages d'Alchimie, la Lumière peut "jaillir par soi-même des ténèbres" pour le plus grand bonheur de l'Artiste patient et assidu. Mais dès le début de l'Oeuvre, les épreuves commencent. Il faut délivrer "Angélique" de son rocher solitaire sur une mer déchaînée. Pour se faire, il faut triompher de son redoutable gardien : le "dragon écailletix". En d'atutres termes, il faut ouvrir la matière et la spiritualiser, ou bien encore la débarasser de sa gangue épaisse et l'imprégner d'"Esprit.universel" d'où l'importance primordiale de ce "feu secret" si bien caché des alchimistes, sel double corporifiant le "Spiritus Mundi". La purification si nécessaire que doit atteindre tant 1'opérateur que sa matière, s'incarne dans la couleur violette venant périodiquement. En ce lieu bien précis, nous sommes certains d'être compris. N'oublions pas d'ailleurs l'action considérable des rayons ultra-violets dès lors que le firmament est calme et limpide et que la Rosée de Mai se recueille abondamment, la lune étant entrée dans son premier quartier. Et si le dissolvant philosophique rëvêt plus tard la courleur verte, tel l'arbre desséché qui reverdit soudain, c'est qu'il s'est bien chargé du "fluide cosmique" et de toute sa puissance vibratoire. C'est"l'émeraude des Sages", l' "Esmeralda" du roman de Victor Hugo "Notre-Dame de Paris", véritable "vitryol philosophique" car "l'or y vit" (VIT-RY-OL). Dès la fin du Premier Oeuvre où l' "étoile du compost" (d'où Compostelle) nous conduit au berceau de L'Enfant nouveauné, véritable Christ minéral, l'artiste a pris alors conscience de sa propre divinité. Il porte Christ en lui. L'image n'est-elle pas éloquente d'Offerus transportant L'Enfant Divin pour traverser le torrent furieux. "Enfant, pourquoi te fais-tu si lourd ?" dit-il, "ïl me semble que je porte le monde". L'Enfant répondit : "Non seulement tu portes le monde mais celui qui a fait le monde" et ainsi Offerus devient Saint-Christophe, quittant l'état d'ignorance, Au demeurant, la noire putréfaction précède toujours la Blancheur rayonnante, immaculée. Si le "solve et coagula" constitue l'immuable loi du Grand Oeuvre, il n'en demeure pas moins que pour qu'Apollon émerge des eaux du Déluge au sortir du second Oeuvre après les sublimations, tel Noé=Nouveau Soleil) et qu'on atteigne la perfection divine de la Pierre Philosophale, l'alchimiste doit recevoir la "Grâce d'en haut", c'est bien la "Charis" dont nous entretient Saint Paul dans la première de ses Epîtres adressées aux Corinthiens : "Et quand j'aurai. connu la prophétie et que j'aurai étudié tous les mystères et toute science et quand j'aurai eu toute la foi de manière à ce que je transporte les montagnes.mais que je n'aurai pas eu la Charis, je ne suis rien". Ainsi l,a Pierre Philosophale s'élaborera jusqu'à la Perfection ultîme. La substance énergétique du Grand Oeuvre physique et spirituel est bien cette "force forte de toute force" (suivant la Table d'Émeraude d'Hermès Trismégiste), c'est-à-dire l'Amour Uni.versel, ce qui est vrai, autant dans le coeur de l'Artiste qu'au sein de son microcosme minéral, si l'on en juge par l'attirance réciproque qu'éprouvent constamment nos matières, tout au long de l'élaboration. Ainsi !attraction magnétique qui lie "l'Esprit Universel" à la matière est sans limite, comparable en cela à la Force d'Amour rayonnant et infini, ce qui. permit aux Philosophes d'employer à juste raison les termes idoines "d'acïer" attiré par "l'aimant". Le serpent Ouroboros peut bien désormais se mordre la queue, puisque le Grand Oeuvre" est accompli. Le Cycle se referme, illustrant en cela de maniëre parfaite, l'adage fameux ne manquant pas de "sel" (alchimique, en pouvons-nous douter ?) que nous livre l'humoriste : "Tout est en tout et réciproquement" (Alph. Allais) fort à propos. Mais ce TOUT est indissociable de deux vertus fondamentales constantes la longue patience et l'humilité sincère. Et cela, ne l'oublions jamais ...

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