Extraits de : " Collectanea Chemica "

/à propos de la "Putréfaction des métaux"/

"Supposons alors qu'un artiste veut extraire un mercure minéral d'un minerai, et qu'il choisisse le plomb comme sujet. Il ne peut qu'assister la Nature dans le procédé, en attisant la chaleur centrale qu'elle inclut dans tout ce qui n'est pas déjà putréfié, comme une racine de sa vie, en laquelle elle grandit. Le moyen par lequel cette chaleur est mise en mouvement est connu comme étant la putréfaction. Mais tous les minerais résistent à la putréfaction, du moins, selon les procédés connus. Ils peuvent en effet, lorsqu'ils ont été fondus par le feu, contracter la rouille de l'air, qui est une décomposition graduelle de leur substance, mais ceci est seulement le dépérissement naturel d'un corps mort, et non la putréfaction de son sperme dans le but de la propagation; connaissant quelle chaleur de la fournaise est requise pour fondre les minerais, et observant la lenteur de leur décadence lorsqu'ils sont privés de leurs qualités séminales par la fonte, nous en déduirons qu'une chaleur qui détruirait la semence dans les végétaux peut être nécessaire dans les premières étapes de la putréfaction pour les minerais car ils supporteront un feu rouge sans être fondus ou sans perdre rien de plus que leurs impuretés sulfureuses et arsenicales; en un mot, nous y trouvons une matière en elle-même autant étrangère à la semence des métaux que la menue paille diffère du blé (froment); c'est pourquoi une séparation minutieuse de ces substances par grillage ou autrement, est à juste titre comptée parmi les premières opérations de la putréfaction des minerais, et d'autant plus que ce qui a été calciné, en ayant ses pores ouverts, est devenu attractif aussi bien de l'air que des autres menstruums nécessaires à sa décomposition.

Par conséquent que l'artiste sépare les qualités impures de sa matière par le feu et l'opération manuelle; qu'il broie, lave et calcine, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de noirceur communiquée a son menstruum, sachant que pour cela l'eau de pluie pure est suffisante. Il sera vu à chaque répétition de ce procédé, que ce q u i souille l'eau est ce qui est étranger à la matière, le minerai existe cependant dans sa nature individuelle métallique, sauf s'il est fondu par une chaleur trop intense, qui dans ce cas, n'est plus apte pour notre besoin; par conséquent, du minerai frais doit être utilisé.

"La matière étant ainsi préparée, son feu central sera éveillé s'il est traité correctement en accord avec le procédé d'extraction du vif-argent d'un minerai, soit en le soumettant à une chaleur continue et renfermée, sans laisser pénétrer l'air cru, jusqu'à ce que l'humidité radicale s'élève sous la forme d'une vapeur et se condense de nouveau en une eau métallique, analogue au vif-argent. C'est là le vrai mercure des Philosophes qui convient pour toutes leurs opérations en l'Art Hermétique.

"La putréfaction de notre matière étant ainsi complétée, elle existe sous deux formes; l'humidité qui en fut extraite et le résidu, qui sont notre Terre et notre Eau Philosophiques. L'eau contient sa vertu séminale, et la terre est le réceptacle approprié, dans lequel elle peut fructifier. Laissons alors l'eau séparée et conservons-la pour usage postérieur; calcinons la terre, parce qu'une impureté y adhère qui ne peut en être séparée que par un feu très fort. Notons qu'à ce stade, il n'y a pas de danger de détruire la qualité séminale et que notre terre doit être hautement purifiée avant qu'elle puisse mûrir la semence. C'est ce que Sendivogius entend lorsqu'il dit : "Brûlez le soufre jusqu'à ce qu'il devienne un soufre incombustible". Plusieurs perdent au cours de la préparation, ce qui est de la plus grande utilité en l'art, car notre mercure est purifié par le soufre, autrement il ne serait pas utile. Par conséquent, calcinons bien la partie terreuse et retournons le mercure sur la terre, ensuite soutirons-la par distillation, puis procédons à la calcination, à la cohobation et la distillation, répétant le procédé jusqu'à ce que le mercure soit bien raffiné par le soufre, et que le soufre soit purifié jusqu'à la blancheur, puis jusqu'au rouge, signe de purification parfaite; le Mâle et la Femelle sont alors prêts à être unis. Ceci doit maintenant être accompli avec jugement, car le noble enfant peut être étranglé à la naissance; mais toute chose est facile pour l'artiste ingénieux qui connaît la proportion de la mixture requise qui accomode ses opérations aux intentions de la Nature; pour cette raison, nous le conduirons fidèlement selon notre capacité.